Croissance Et Environnement Dissertation Defense

L’émergence de la société de consommation et l’augmentation de la démographie ont considérablement accru nos besoins en ressources et particulièrement en énergie. Alors que déjà certaines ressources se raréfient, un modèle économique respectueux de notre planète peut-il être viable ?

I. Notre activité économique est fondée sur un épuisement progressif de nos ressources

A. À terme, l’épuisement de notre environnement influencera négativement la croissance

Avec les révolutions industrielles, puis l’avènement de la société de consommation, nos habitudes de production et de consommations se sont transformées. Basées sur le modèle du « jetable », notre croissance est nourrie d’un constant prélèvement de ressources.  Posant un problème au niveau des déchets et de la pollution, ce modèle pose aussi une question éthique sur la non-réutilisation des ressources.  La raréfaction des ressources en eau et en énergie annonce déjà une dégradation de l’environnement avec des conséquences non négligeables sur les économies (envolée des prix, tensions politiques, guerres, etc.)  

B. La possibilité d’un développement durable

Même si des premières alertes avaient été données avant, la notion de développement durable apparrait pour la première fois en 1972 dans un rapport publié par le Club de Rome : Halte à la croissance ? (The limits to growth, aussi appelé rapport Meadows). Dans ce rapport, les experts théorisent la croissance zéro et jettent les bases de l’économie politique. La développement durable est dès lors censé répondre à nos besoins tout en ménageant notre environnement. 

II. Mythes et réalités du développement durable

A. Pour le moment, le choix du développement durable est trop coûteux

Le développement durable a un coût et les technologies ne sont pas encore assez avancées pour résoudre toutes les problématiques liées à celui-ci. Dans le domaine de l’énergie par exemple, même si des solutions existent (éolien, solaire, énergie marémotrice), la production d’électricité reste plus chère qu’avec les sources traditionnelles (énergies fossiles et nucléaire).

B. Que peut-on attendre des institutions en terme de politique climatique ?

1. Le bien-être dépend de quatre capitaux en relation les uns avec les autres qui comprennent, notamment, le capital physique, le capital naturel, le capital humain et institutionnel. 

Le capital physique  est un bien produit dans le passé par l’homme et utilisé comme moyen de production (bâtiment, machine, matériel…).  Le capital humain  regroupe les capacités physiques, intellectuelles d’un individu ou d’un groupe d’individus ; il peut être accumulé par la formation, initiale ou professionnelle.  Le capital institutionnel  regroupe les dispositions politiques, juridiques et institutionnelles en vigueur.  Le capital naturel regroupe l'ensemble des ressources naturelles utiles directement aux hommes ou qu'il peut exploiter techniquement et économiquement.  Les différentes conceptions de la soutenabilité n'accordent pas la même place à la nature dans le système économique La soutenabilité faible: • L’épuisement des ressources naturelles se traduit par une hausse de leur prix ce qui va conduire les agents économiques à prendre des mesures pour les économiser. • Elle rend possible la substitution entre le capital naturel et le capital physique • Les économies deviennent de plus en plus tertiaires or les services consomment beaucoup moins de ressources naturelles que l’industrie. • Plus la richesse d’un pays grandit plus il peut s’investir dans les recherches de solutions plus techniques. La soutenabilité forte: • Elle part du principe que le capital naturel détermine le bien-être de l’homme et devient un facteur limitant de la croissance  • Les produits substituts provoquent plus de consommation qu’ils n’en épargnent. Il faut donc moins consommer et moins produire (La décroissance). • Le maintien du stock de capital naturel permet de diminuer certains de ses composants si d’autres augmentent de manière proportionnelle.

2.Les instruments de politique climatique

Les politiques environnementales ont pour objectif de faire évoluer les comportements des consommateurs mais aussi des producteurs. Pour protéger l’environnement, l’État dispose principalement de trois types d'instruments : la réglementation, la taxation et le système de permis échangeables. Ces trois instruments peuvent être classés en deux catégories : les instruments réglementaires qui reposent sur la contrainte, l'objectif étant d'obliger les agents à changer leur comportement par la réglementation. Les instruments économiques (taxation, marché des quotas d’émission)qui reposent sur l'incitation par un signal prix. L'objectif est ici de modifier les comportements des agents en matière environnementale en internalisant les externalités.  La combinaison des outils permet une lutte plus efficace Conclusion : Même si des efforts sont faits aujourd'hui pour limiter l’impact des activités humaines, ils ne sont pas suffisants et ne marquent pas un réel changement de nos habitudes de production et de consommation.

Mots clés : Club de Rome, développement durable, capital naturel, physique, humain, institutionnel, biens communs, soutenabilité, réglementation, taxation, marché de quotas d’émission. 

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Introduction

Les réserves mondiales de pétrole seront quasiment épuisées vers 2050, celles d'uranium vers la fin du siècle, les gaz à effets de serre commencent à faire sentir leurs effets sur le réchauffement climatique. L'activité économique est aujourd'hui une menace pour l'équilibre naturel de la planète. La recherche de la croissance économique a des conséquences visibles, pour certaines prévisibles, sur l'environnement écologique et sur les conditions de vie des habitants actuels de la Terre dont certains vivent dans l'extrême pauvreté, mais aussi, à plus long terme, sur celles des générations futures.
Après avoir rappelé, dans une première partie, en quoi la croissance économique peut entrer en contradiction avec les exigences d'une stratégie de développement durable, nous examinerons, dans une deuxième partie, les conditions économiques et politiques qui permettraient d'inscrire la croissance économique dans le cadre d'un développement préservant les chances du futur.

I. Croissance économique et développement durable : des éléments de contradiction

1. Le concept de développement durable
La notion de développement durable est apparue en 1987 dans le rapport Brundtland et elle semble, dans une première approche, entrer en contradiction, au moins partielle, avec la recherche d'une croissance économique soutenue.
Le développement durable peut se définir comme le mode de développement qui permet de répondre aux besoins essentiels des êtres humains d'aujourd'hui, notamment des plus démunis, sans compromettre la possibilité pour les générations futures de faire face à leurs propres besoins.
Cette définition assez large a, depuis son apparition, été précisée : elle fait référence, d'une part, à la question de l'épuisement des ressources naturelles et, d'autre part, à la dégradation de l'environnement à laquelle l'activité humaine donne lieu. Sur ces deux points, les exigences du développement durable entrent en collision avec nos modes de production et de consommation, avec notre modèle de croissance.

2. La question des ressources naturelles
La question de la disponibilité des ressources naturelles suppose qu'on distingue les ressources non renouvelables et les ressources renouvelables. L'épuisement des ressources non renouvelables (énergies fossiles, minerais…) en prive définitivement les générations futures et exige que peu à peu, nous apprenions à nous en passer. À plus ou moins long terme, par exemple, les réserves de pétrole sont vouées à l'épuisement. Si les évaluations de la date des échéances varient, c'est en raison du fait que les prix de ces ressources ont une influence sur les quantités mobilisables : si les prix de l'énergie augmentent durablement, certains gisements deviennent rentables, et « l'échéance fatale » en est reculée d'autant. Cependant, les prévisions les plus optimistes tablent aujourd'hui sur un demi-siècle pour le pétrole, moins d'un siècle pour le gaz naturel et l'uranium.
Les ressources renouvelables (forêts,réserves de poissons,eau) posent, elles, la question du rapport entre leur rythme d'exploitation et celui de leur reconstitution, donc la question de la gestion du stock de la ressource. Dans le domaine de la pêche, par exemple, certaines espèces sont aujourd'hui « protégées » par une limitation des captures.

3. Les atteintes à l'environnement
La prise en compte des dégradations de l'environnement est aussi une des dimensions majeures du développement durable. L'activité humaine, par exemple la production industrielle, l'agriculture productiviste des pays développés et émergents ou l'urbanisation, donne lieu à des rejets dans l'environnement qui polluent l'air, les sols, les cours d'eau, les espaces maritimes. Ainsi, les rejets chimiques, les pluies acides, les poussières urbaines, les fumées industrielles soumettent le « capital naturel » à des contraintes qui dépassent souvent le seuil de tolérance et de régénération de ces espaces.
Par ailleurs, les modes de production standardisés utilisant les ressources des biotechnologies constituent, dans le règne animal et végétal, une menace pour la biodiversité. Des centaines d'espèces animales et végétales sont menacées de disparition et la perte de cette richesse biologique représente, pour les générations futures, un préjudice à la fois écologique, sanitaire et culturel.
Enfin, la question du réchauffement climatique est devenue, pour la majorité des scientifiques comme pour l'opinion publique, un des enjeux majeurs de notre avenir. Les émissions de gaz à effet de serre, en particulier de CO2, commencent à avoir des effets perceptibles qui risquent de prendre une ampleur catastrophique : désertification de certaines zones, fonte des glaciers terrestres, montée du niveau des océans et inondation des bandes côtières (document 1). Le processus semble déjà en partie irréversible et devrait bouleverser les équilibres écologiques et humains dans de nombreuses régions du monde, conduisant des millions d'hommes à devoir migrer des zones menacées vers des terres d'accueil. On imagine sans peine les bouleversements politiques que de tels mouvements de population risquent d'engendrer.
Le bilan qui vient d'être dressé est sans appel : le mode de croissance que le monde a adopté est devenu « insoutenable » à long terme, d'autant que, pour l'instant, seule une partie minoritaire de l'humanité en a profité.
« L'empreinte écologique » (surface utilisée par un individu pour subvenir à ses besoins en résorbant la pollution qui en résulte) est aujourd'hui de 2,3 ha par être humain. Elle dépasse largement celle qui correspondrait au développement durable (1,9 ha). Mais elle atteint 9,6 ha aux États-Unis, alors qu'elle n'est que de 1,4 ha dans les pays en développement. Les besoins des pays du Sud étant loin d'être couverts de manière satisfaisante, on peut comprendre que la préoccupation écologique leur apparaisse comme un luxe de pays riches (document 6).

II. Refonder la croissance dans le cadre du développement durable

La solution est donc d'inscrire la croissance économique dans une stratégie de développement durable. Diverses voies s'ouvrent et le choix entre elles n'est évidemment pas idéologiquement neutre. On peut imaginer des réponses sur le terrain économique en faisant confiance au marché et à l'innovation. Mais l'intervention politique de la puissance publique semble également nécessaire pour faire face à l'urgence de l'enjeu.

1. Les instruments économiques
Le progrès technique peut en effet apporter sa pierre à la résolution des problèmes. Sous l'effet des innovations dans les modes de production, par exemple, la consommation d'énergie par unité de valeur ajoutée produite (intensité énergétique) a diminué dans des proportions sensibles en France (document 5).
Sur 10 ans (1996-2006), l'intensité énergétique a baissé de 25 % environ. L'accroissement de la production (+ 30 %) s'est réalisé avec une légère diminution de la consommation d'énergie (− 5 %). Dans le domaine des transports, les progrès sur les « moteurs propres » permettent une baisse de la consommation de carburant et des rejets polluants. Dans le domaine des énergies renouvelables, les cas de l'Autriche et de la Suède (document 3) prouvent que les technologies progressent. L'utilisation de techniques agronomiques moins agressives, issues de la recherche, commence à se vulgariser.
L'idéal, mais c'est encore un vœu pieux, serait que les pays émergents (Chine, Inde, Brésil) bénéficient sans délai de ces technologies. Ces transferts leur feraient franchir rapidement des étapes vers des modes de production plus écologiques et limiteraient l'impact de leur croissance rapide sur l'environnement. Cela supposerait une coopération internationale pour l'instant irréaliste (documents 4 et 6).
L'autre instrument économique est ce que les économistes appellent « l'internalisation des externalités négatives » (document 2). En clair, il s'agit d'intégrer dans le calcul économique de l'entreprise le coût des conséquences externes négatives que son activité génère. Cela suppose d'attribuer un « coût » à la pollution, à la gestion des déchets, à l'épuisement des ressources, et de faire entrer ce coût (auparavant non pris en compte) dans les charges de l'entreprise. Cela l'amène à chercher à réduire ces externalités. Les éco-taxes, les droits limités d'émission de CO2, font partie de ces instruments qui peuvent aussi s'appliquer au consommateur et se transformer en incitations positives (primes écologiques pour certains modèles automobiles ou pour les panneaux solaires, etc.).

2. La nécessaire intervention de la puissance publique
Ces pratiques, qui intègrent les préoccupations du développement durable au calcul économique, ne peuvent évidemment exister que par l'intervention de la puissance publique.
L'État, garant de l'intérêt collectif, doit en effet pallier les insuffisances du marché, qui, laissé à lui-même, n'est pas capable de concilier les intérêts économiques privés et la préservation de l'environnement collectif. Il peut articuler son action autour de deux axes, la contrainte réglementaire et l'incitation/ dissuasion. Des mesures d'interdiction de l'usage de certaines substances ont été prises ces dernières années (amiante, mercure, plomb…), accompagnées d'un système de sanctions financières ou pénales. Des pénalisations financières viennent rendre coûteuses certaines pratiques polluantes. La question cruciale est, sur un marché donné, de soumettre à ces contraintes l'ensemble des partenaires, y compris ceux qui ne relèvent pas de la souveraineté des États régulateurs. De ce point de vue, la vigilance à l'égard des pratiques productives de certains pays émergents reste indispensable.
À la suite du protocole de Kyoto, la logique de l'incitation/ dissuasion a conduit certains États à instaurer une « taxe-carbone » sur les énergies fossiles dans le but de limiter les émissions de CO2 (document 4), mais une telle mesure n'a évidemment de sens que si elle est adoptée de manière suffisamment large pour ne pas créer de distorsions de concurrence. On voit donc combien la nécessaire intervention publique doit s'inscrire dans le cadre des contraintes du marché.

Conclusion

La difficulté de concilier croissance économique et développement durable s'exprime chaque jour un peu plus. Cela conduit certains courants de pensée à prôner la décroissance. Cette situation rend urgente une prise de conscience à l'échelle planétaire. La nécessité d'une transformation radicale de notre rapport à l'environnement et de nos modes de consommation et de production peut conduire à l'optimisme ou au pessimisme, selon qu'on regarde le chemin parcouru ou celui qui reste à faire. L'impulsion doit venir de la sphère publique, dans la coopération des États, mais les comportements privés ont aussi à prendre en charge une partie importante de cette révolution.

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